Cauchemars, terreurs nocturnes et somnanbulisme

L'incompréhension

  • Mais que se passe t-il ?

"Elle hurle dans sa chambre, vite, je cours. J'arrive, elle est assise dans son lit, elle tremble, elle a les yeux ouverts, mais elle ne me regarde pas vraiment, c'est bizarre. Elle tente de me parler, mais je ne comprends rien. Alors je lui explique que tout va bien, qu'elle a dû faire un cauchemar mais elle semble ne pas comprendre. Elle tente une réponse mais cela n'a pas de sens. Elle continue à hurler et semble avoir très peur de quelque chose, je la rassure en la caressant, mais rien ne semble marcher. Mais c'est quoi ce truc !!! Elle finit par se rendormir, ouf !!!

 

Le soir suivant, ça recommence, et pire encore, elle se lève et déambule dans le couloir. Beaucoup d'inquiétude, d'angoisse, de questions me viennent, et surtout, comment réagir ? Seule certitude, il s'agit d'un trouble du sommeil. Mais j'ai besoin de comprendre pour répondre correctement à ses besoins, parce que j'ai l'impression qu'elle est très mal... "

 

Ce sont des terreurs nocturnes, non pas des cauchemars, attention à l'amalgame qui se fait souvent entre les deux.

 

  • Savoir distinguer les troubles du sommeil

Si il s'agit de terreurs nocturnes, voire de somnambulisme :

Les manifestations alarment généralement toute la maison !! Les enfants étant tous différents, les manifestations le sont également.

 

- Voici un ensemble de symptômes des terreurs nocturnes, plus ou moins marqués : il marmonne, hurle, pousse des cris, appelle au secours, il tient un discours confus. Il ne répond généralement pas à nos questions. Il a les yeux ouverts, semble hagard, hébété, ailleurs, terrifié. Il s'agite, s'agrippe, panique. Son cœur bat fort, il transpire, il tremble. Rien de semble l'apaiser. Il est impossible de le calmer, voire même il refuse d'être consolé et nous repousse.

 

- Ces symptômes peuvent s'accompagner de somnanbulisme : il se lève, déambule. Il semble chercher quelque chose, allume la lumière, ouvre les volets, etc.. Il obéit même si on lui demande d'aller se recoucher. Il peut même uriner, parfois au mauvais endroit… En réalité, il dort ! Il finit d'ailleurs par se recoucher quelques minutes plus tard et reprend son cycle de sommeil.

 

- Le lendemain, il ne se souvient de rien. 

 

Ces troubles surviennent en début de nuit, souvent dans l'heure qui suit l'endormissement, mais cela peut aller jusqu'à 3 heures après l'endormissement (à la fin du premier cycle de sommeil). 

 

Age de début : bébé jusqu'à l'adolescence, voire l'âge adulte.

Fréquence maximale vers 3 ans jusqu'à 6 ans (au moment des grandes acquisitions, des découvertes, lors d’événements familiaux difficiles, de grandes fatigues). 

 

Si il s'agit de cauchemars :

Il s'agit de mauvais rêves occasionnels qui se produisent en fin de nuit (phase de sommeil paradoxal). L'enfant, si il est en âge de s'exprimer, raconte son rêve et s'en souvient donc même si parfois c'est un peu flou. Il a peu de manifestations physiques contrairement aux terreurs nocturnes. Il est toutefois angoissé et a peur de quelque chose. Il est totalement réveillé et cherche du réconfort auprès de ses parents qu'il reconnait et a peur de se rendormir seul. Cela peut être difficile pour les nuits suivantes : l'enfant refuse de se coucher seul, de s'endormir (voire l'article sur l'attrape-rêves).

 

Comment réagir ?

  • Terreurs nocturnes et somnambulisme :

Ne surtout pas réveiller l'enfant ! Au risque qu'il s'agite encore plus, voire même qu'il devienne agressif car il ne sait pas pourquoi il est dans cet état. En réalité, il n'a pas peur puisqu'il dort et il ne se souvient de rien. Il n'a donc pas besoin d'être rassuré (c'est plutôt maman qui en a besoin car c'est extrêmement difficile de laisser hurler son enfant qui lui parait si apeuré).

 

Il faut donc accepter la crise et intervenir seulement dans le but de rassurer l'enfant par notre présence (sans le réveiller). Le fait de rester à ses côtés permet également une certaine protection contre toute mise en danger éventuelle en cas de somnambulisme.

 

Si on réveille l'enfant, il y a un risque d'aggraver les troubles (choc psychologique car il ne sait pas ce qui se passe) et de déclencher une nouvelle crise dans l'heure qui suit (puisqu'il y a un nouvel endormissement et donc un nouveau cycle qui démarre).

  • Cauchemars :

L'enfant a besoin d'être rassuré, réconforté, et cela est indispensable. Il a besoin de se blottir dans les bras de ses parents, des parents calmes et apaisants si possible. A éviter : "ne t'inquiètes pas, ce n'est rien"" ou encore "rendors toi" car ce n'est pas rien, il est effrayé par ce qu'il vient de vivre et ne peut pas se rendormir dans l'immédiat seul. A remplacer par : "je suis là, tu ne risques rien maintenant, tu peux te rendormir avec moi". 

 

Comment limiter les crises de terreurs nocturnes ?

Il est nécessaire que :

  • que l'enfant fasse une sieste (si il est en âge de la faire encore). L'enfant sera moins fatigué et passera plus facilement dans la phase de sommeil paradoxal en s'endormant le soir
  • que l'enfant dorme suffisamment, qu'il soit couché tôt et toujours à la même heure
  • de ne pas questionner l'enfant sur sa crise qu'il ne se souvient pas au risque de l'angoisser. Il est possible néanmoins de lui expliquer les raisons de ses crises : "c'est un phénomène que tu ne contrôles pas, tu n'y es pour rien" et d'évoquer avec lui les difficultés éventuelles (si celles-ci peuvent être à l'origine des terreurs nocturnes)
  • aucun sédatifs ou somnifères ne peuvent résoudre ces crises. Par contre, il est possible de tenter un traitement paramédical afin de les atténuer (homéopathie, fleurs de Bach, ostéopathie, hypnose, etc.). 
Pour finir

Chez nous, la plus grande a fait des crises de ses 2 ans jusqu'à ses 8 ans. Elles se produisaient généralement suite à des journées chargées, fatigantes (anniversaires, activité sportive, etc.) ou lors d'un manque de sommeil et de maladie (coucher tardif, rhume, etc.). En fonction des circonstances, nous arrivions à peu près à prévoir les crises et rester vigilants. 

 

 

___Bibliographie___

 

Pour aller plus loin, une lecture que je vous recommande si votre enfant souffre de troubles du sommeil en général, et dans laquelle vous retrouverez tous ces éléments et plus encore : "Mon enfant dort mal, Comment l'aider à dormir - Dr Challamel et Dr Thirion - Pocket Evolution".

 

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Commentaires: 1
  • #1

    alexi (lundi, 06 janvier 2020 11:06)

    Bonjour merci pour cet article de qualité sur la psychologie
    Je suis devenue accro à ce site.
    Pour ceux qui sont intéressés voici une astuce qui a aidé des personnes au quotidien

    http://bit.ly/MaîtriseDesPouvoirsDeLesprit

    Merci à vous, a plus tard pour des articles de qualité.

    Alex